Ils se cachent derrière un slogan creux, « Simandou 2040 », un écran de fumée servant à masquer des manœuvres obscures. Personne ne connaît les clauses de ce contrat, personne ne sait en quoi il engage la Nation. Mais ces artistes, eux, trouvent leur place dans cette mascarade, prêts à vendre leur âme pour quelques miettes jetées par un pouvoir en quête de légitimité.
Leur trahison est totale. En chantant des louanges à une junte qui oppresse, kidnappe et réduit les familles au silence, ils s’affichent comme des complices des bourreaux. Ils disent aux Guinéens : « nous nous moquons de vos souffrances ». Ils osent même traiter de « démons » ceux qui, hier encore, risquaient leur vie pour défendre les principes démocratiques. Foniké Menguè, Billo, Marouane, Nimangan… Où sont ces noms dans leurs discours ? Ils n’osent même pas les mentionner, trop occupés à courber l’échine devant leurs nouveaux maîtres.
Pendant ce temps, sous la coupe du CNRD, les violations des droits humains explosent : kidnappings, disparitions forcées, familles laissées dans le désespoir. Le peuple est bâillonné, étouffé sous le poids de la répression. Et ces artistes, au lieu de porter cette douleur, choisissent de tourner le dos à leur rôle de conscience nationale. Ils ont abandonné l’art pour devenir de vulgaires laudateurs d’un régime qui écrase les libertés.
Leur hypocrisie est insupportable. Ceux qui, hier, glorifiaient Alpha Condé dans leurs chansons sont aujourd’hui les premiers à tresser des louanges au général. Mais qu’est devenu Alpha ? Personne ne s’en soucie. Le général devrait en tirer une leçon : ces chants de sirènes ne sont qu’opportunisme et bassesse. Quand viendra son tour de tomber, ils seront les premiers à lui tourner le dos, prêts à acclamer le prochain maître.
Ces artistes ne sont plus que des mendiants errant de bureau en bureau, quémandant des faveurs, trahissant à chaque pas leur peuple et leurs valeurs. Ils ne chantent plus pour la liberté, la justice ou l’espoir. Ils chantent pour survivre dans une honte perpétuelle.
La Guinée traverse une période sombre, et l’histoire jugera durement ceux qui ont choisi d’être complices de l’oppression. Ces artistes auront leur place dans les livres, non pas comme des héros, mais comme des traîtres à leur art et à leur peuple. Que reste-t-il de leur dignité ? Rien. Que reste-t-il de leur art ? Une honte éternelle.
Madiba Kaba, journaliste



