Le président de la République, Mamadi Doumbouya, a radié le magistrat Kaman Gogana Konomou des effectifs du corps de la magistrature pour « manquements aux obligations statutaires particulières de réserve, d’honneur, de dignité, de probité et de loyauté ». La décision a été annoncée samedi 1er août 2026, par un décret lu à la télévision nationale à Conakry. Le décret ne détaille pas les faits précis reprochés au magistrat.
Une précédente contestation d’un décret présidentiel
De plusieurs sources concordantes, cet épisode remonte au décret du 1er novembre 2025 portant un vaste réaménagement au sein de l’appareil judiciaire guinéen, notamment la nomination de Kaman Gogana Konomou au poste de juge d’instruction au Tribunal pour enfants à Conakry. L’intéressé avait publiquement rejeté cette nomination, qu’il qualifiait d’« illégale ». Selon lui, ce texte ne respectait ni la Constitution du 26 juin 2025 ni les lois organiques régissant le statut des magistrats et le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature.
« Le décret du 1er novembre 2025 du président de la République est un décret illégal (…). Il viole la Constitution ainsi que les lois portant statut des magistrats et Conseil supérieur de la magistrature », avait-il déclaré.
Pour étayer sa position, Kaman Gogana Konomou invoquait l’article 16 de la loi portant statut des magistrats, selon lequel un magistrat n’est soumis, dans l’exercice de ses fonctions, qu’à la seule autorité de la loi. Il soutenait par ailleurs que les nominations de magistrats auraient dû être précédées d’un avis conforme du Conseil supérieur de la magistrature, conformément à l’article 150 de la Constitution.
« Les magistrats ne sont pas politiques »
Dans sa prise de parole, l’ancien magistrat avait tenu à préciser que sa démarche ne relevait d’aucune considération politique. « Les magistrats ne sont pas politiques, nous sommes apolitiques. Nous ne cherchons pas de promotion ; nous demandons simplement que la loi soit respectée dans le secteur judiciaire », avait-il affirmé.
S’adressant directement au chef de l’État, Kaman Gogana avait rappelé l’engagement pris par ce dernier en faveur de la justice, estimant que le respect des textes devait guider toute décision touchant à la magistrature.
Un lien qui reste à établir
À ce stade, aucune source officielle n’a établi de lien explicite entre cette prise de position de 2025 et la radiation prononcée ce samedi. Le décret invoque un motif statutaire distinct, sans y faire référence.
Par Courrier régional / courrierregional@gmail.com




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