Plus d’un mois après le décès du commandant Aboubacar Djakité, connu sous le nom de Toumba, le capitaine Moussa Dadis Camara, ancien président de la transition guinéenne en 2009, s’est exprimé sur le sujet. Invité de l’émission « Le Franc Parler » sur la chaîne Espace Europe, ce lundi 4 mai 2026 à Paris, il a été interrogé sur son « silence » depuis la disparition de son ancien aide de camp.
Sans détour, le capitaine Dadis Camara a déclaré qu’il n’avait aucun commentaire à faire, écartant toute expression de regret ou de condoléances. Il a insisté sur le fait que la mort est une réalité universelle à laquelle nul n’échappe.
« J’ai du respect pour les âmes des disparus. Mais s’agissant de condoléances, je dis simplement, en toute sincérité, que personne n’est à l’abri de la mort. Je n’ai aucun commentaire à faire là-dessus. Aucun commentaire. La mort frappe à toutes les portes. Même moi qui vous parle, je ne suis pas à l’abri. Un homme qui a tenté de m’éliminer… Il a reconnu publiquement avoir exécuté mon chef d’opération. En plein 21 ème siècle, dire qu’on a exécuté quelqu’un… Je ne voulais pas m’étendre là-dessus, parce qu’il s’est servi du saint coran pour embobiner les fidèles musulmans. C’était sa plus grande stratégie », a-t-il affirmé.
Poursuivant ses propos, Moussa Dadis Camara a également souligné l’importance, selon lui, du fait que Toumba Djakité ait pu témoigner publiquement lors du procès, notamment sur les événements du 28 septembre 2009. « Pour moi, l’essentiel était qu’il reste en vie afin de s’exprimer devant le monde entier et devant tous les Guinéens. Il a pu dire publiquement si c’est moi ou non qui l’avais envoyé au stade. S’il était décédé avant le procès, certains auraient affirmé que je l’avais mandaté. Mais il s’est exprimé », a-t-il expliqué.
L’ancien chef de la junte militaire a par ailleurs insisté sur l’absence, selon lui, de preuves tangibles retenues contre sa personne, tout en reconnaissant la notion de responsabilité liée à sa fonction à l’époque. « Aucune preuve tangible n’a été retenue contre moi. Mais il existe ce qu’on appelle la raison d’État. Des personnes ont perdu la vie au stade, et cela s’est produit sous mon commandement. C’est à ce titre qu’on a évoqué la responsabilité de commandement, que j’ai assumée », a-t-il déclaré.
Pour rappel, la première phase du procès des événements du 28 septembre a conduit à la condamnation de plusieurs accusés, dont deux sont décédés en détention : le colonel Claude Pivi et le commandant Aboubacar Djakité alias Toumba. Le capitaine Moussa Dadis Camara, pour sa part, a bénéficié d’une grâce présidentielle, le 28 mars 2025.
Thierno Diawara Pour Courrier Régional




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