Plus de deux ans que Oumar Sylla, alias Foniké Menguè, et Mamadou Billo Bah ont été enlevés à Conakry, dans la nuit du 9 juillet 2024, par des hommes armés dont l’identité n’a toujours pas été établie officiellement. Depuis deux ans leurs familles vivent dans l’attente d’une preuve de vie, d’une réponse sans succès. Malgré la mobilisation constante de la société civile guinéenne et africaine, les deux activistes demeurent introuvables.
Cellou Dalein Diallo, leader de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), a de nouveau haussé le ton face à ce qu’il qualifie de silence coupable des autorités. Pour l’ancien Premier ministre, l’histoire jugera un jour ceux qui ont laissé faire, ceux qui ont couvert ou ceux qui ont ordonné l’enlèvement de ces deux figures influentes de la société civile qu’il décrit non pas comme des criminels, mais comme des citoyens debout, engagés et courageux.
« Deux ans que Foniké Menguè et Billo Bah ont été victimes de disparition forcée. Deux ans que le silence des autorités tient lieu de réponse aux interrogations de leurs familles. Deux ans que l’État, qui devrait protéger, est devenu suspect. Qu’on ne s’y trompe pas : on ne disparaît pas impunément dans un pays sans que des responsabilités soient engagées au sommet. Ce silence n’est pas une négligence. Il est une stratégie. Une stratégie d’intimidation, de terreur, de confiscation des libertés. Foniké et Billo n’étaient pas des criminels. Ils étaient des citoyens debout, engagés, courageux. Leur seul tort a été de refuser de se taire face à l’arbitraire. Aujourd’hui, ceux qui gouvernent portent une responsabilité historique. L’histoire retiendra les noms de ceux qui ont laissé faire, de ceux qui ont couvert, de ceux qui ont ordonné. Mais qu’ils le sachent : ni la peur, ni la répression, ni le silence imposé ne viendront à bout de la soif de justice du peuple guinéen », a déclaré Cellou Dalein Diallo.
Au-delà du cas de Foniké et Billo, le leader de l’UFDG a saisi l’occasion pour élargir son propos à l’ensemble des disparitions forcées enregistrées sous la gouvernance du président Mamadi Doumbouya.
« Où sont Foniké Menguè, Billo Bah et les autres victimes de disparition forcée telles que le journaliste Habib Marouane Camara, Saadou Nimaga, les militants de l’UFDG Mamadou Bory Barry alias « Mabory » et Mme Nènè Oussou Diallo, le père du journaliste en exil Babila Keita, les enfants de l’artiste Elie Kamano et le fils de l’activiste Ansou Damaro Camara ? », s’est-il interrogé, avant de conclure : « Le peuple exige des réponses et qu’on mette fin à ces pratiques honteuses. »
Par Albert TOLNO / courrierregional@gmail.com




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