La recomposition des institutions en Guinée-Bissau ne suffit pas à dissiper les doutes sur les intentions des autorités de transition. Le lundi 19 octobre 2026, le président de la transition, Horta Inta-A, a mis fin aux fonctions du procureur général de la République, Amadu Tidjane Baldé, et du président du Tribunal des comptes, Gamal Abdul Cassama.
Selon un décret présidentiel rendu public par le service de communication de la Présidence, Mário Ialá a été nommé procureur général de la République. Armando Sumba prend, lui, la tête du Tribunal des comptes.
Ces changements interviennent près d’un an après le coup d’État du 26 novembre 2025. Depuis, plusieurs responsables occupant des postes stratégiques ont été remplacés, notamment parmi les personnalités considérées comme proches de l’ancien président Umaro Sissoco Embaló. Mais ces décisions ne convainquent pas tout le monde.
Horta Inta-A est lui-même présenté comme un proche de l’ancien chef de l’État. Une proximité qui nourrit les spéculations sur les véritables objectifs de la transition. Pour certains observateurs, les changements opérés pourraient relever davantage d’une stratégie politique que d’une volonté de rompre avec l’ancien régime. D’autres évoquent même un possible arrangement entre les deux hommes. À ce stade, aucune preuve ne permet toutefois de confirmer cette hypothèse.
À Bafatá, la méfiance est palpable. Joint par téléphone dans le cadre de nos consultations, un interlocuteur exprime ouvertement ses réserves à l’égard du président de la transition.
« Je n’ai pas confiance en ce général. Embaló est un homme très expérimenté et il sait où taper. D’ailleurs, je ne crois pas à toute cette mascarade. Certes, Embaló est loin du pays, mais rassurez-vous qu’il soit lui-même un élément important de l’ancien président, Embaló. S’il est général, c’est grâce à ce dernier aujourd’hui. Donc, pour moi, c’est peine perdue. Nous, ici à Bafatá, nous suivons nos activités et nous laissons la politique à ceux de Safim et de Bairro Militar », confie-t-il.
Ce témoignage illustre les réserves d’une partie de la population face aux changements en cours. Pour cet interlocuteur, le remplacement de hauts responsables ne garantit en rien une rupture avec les pratiques de l’ancien pouvoir. Il estime que les liens entre Horta Inta-A et Umaro Sissoco Embaló restent un élément central pour comprendre la situation politique actuelle.
Le président de la transition pourra-t-il convaincre au-delà des nominations et des remaniements ? Entre recomposition institutionnelle et soupçons d’arrangement politique, les intentions réelles des autorités restent au cœur des interrogations.




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