Né le 9 août 1946 à Garoua, dans le nord du Cameroun, aura consacré une grande partie de sa vie au foot africain. Président de la Confédération africaine de football pendant près de 30 ans, il personnifia à lui seul la CAF jusqu’en 2017 et sa défaite surprise face au Malgache Ahmad Ahmad.
Influent à la « fédé » camerounaise, il devient en 1985 le découvreur du « sorcier blanc », l’entraineur français Claude Leroy, qui remporte la CAN 1988 avec les Lions indomptables. Entre-temps, Issa Hayatou devient en août 1987 le cinquième président de la CAF en remplaçant l’Éthiopien Ydnekatchew Tessema, décédé. Commence alors son très long règne, durant lequel le Camerounais est très souvent assimilé à un « dictateur africain » pour son goût pour le pouvoir et sa faculté à écarter ou à museler ses ennemis. « Dès le départ, Issa Hayatou a été imprégné par la culture de la domination, lâche un jour l’ancien gardien de but des Indomptables Joseph Antoine Bell dans L’Équipe. Il faut savoir qu’il a des esclaves à Garoua, oui, je dis bien des esclaves. Il y a là-bas un mépris total des gouvernés. Comment, dans ces conditions, prendre des décisions justes ? »
Des décisions surprenantes et/ou impopulaires, Hayatou en a pris. Comme lors de la CAN 2010, quand il refuse de décaler les matches de l’équipe du Togo, victime d’une fusillade ayant fait deux morts à la veille de la compétition. Les Éperviers quitteront la CAN angolaise et Hayatou, par la voie de la CAF, leur infligera quatre années de suspension.
On est avec lui, ou contre lui. L’Ivoirien Didier Drogba, quasiment déclaré Ballon d’or africain en 2007, ne peut alors pas faire le déplacement pour la cérémonie de remise, et le trophée revient au Malien Frédéric Kanouté. Jacques Anouma, un de ses fidèles, veut se présenter contre lui pour la présidence de la CAF ? Il fait voter une motion qui permet d’écarter le président de la Fédération ivoirienne de football. On prête à Mohamed Raouraoua, le président de la Fédération algérienne, des ambitions présidentielles ; l’Algérie n’est pas choisie pour accueillir la CAN 2017, qui revient au Gabon, pourtant co-organisateur cinq ans auparavant.
Source : Rfi



