Parti samedi 10 août 2024 de Conakry pour assister à la cérémonie d’investiture du Président rwandais Paul Kagamé à Kigali, le Chef de l’État guinéen Général Mamadi Doumbouya est revenu au bercail lundi soir. Pour réserver un accueil chaleureux à l’homme du 5 septembre 2021, le gouvernement et autres mouvements de soutien auraient mis la main à la poche pour pouvoir mobiliser des citoyens et autres curieux, tout au long de l’autoroute Fidel Castro reliant l’Aéroport international Ahmed Sékou Touré au palais Mohamed V à Kaloum.
Sans surprise. Des voix s’élèvent pour dénoncer cette pratique rétrograde devenue une « habitude ridicule des pays de dictature », selon l’opposant Aliou Bah. Via sa page officielle Facebook, le patron du parti MoDeL n’a pas fait de cadeau aux « démagogues ».
« Mobiliser les chômeurs et fonctionnaires à travers des billets de banque et de la pression pour accueillir un dirigeant non élu, est plus un indice de désespoir que de popularité. Cette pratique rétrograde est une habitude ridicule des pays de dictature où les mentalités sont affectées par l’extrême pauvreté et le manque d’éducation ; ce qui expose les citoyens à la dépendance, l’indignité et la manipulation. Toujours est-il qu’une jeunesse au travail ne s’intéresse jamais à la propagande.
D’ailleurs, la formule la plus simple pour mesurer la popularité, ce sont les élections libres, transparentes et inclusives qui mettent en compétition les candidats qui sont légalement et moralement qualifiés. Évidemment, la propagande du pouvoir et la répression des manifestations ont toujours été un moyen de saigner les ressources publiques ; donc il va de soi que les businessmen de la crise y trouvent de l’intérêt à en créer régulièrement.
Quant aux applaudissements, notre histoire politique nous a prouvé que ceux qui disent “VIVE LE PRÉSIDENT !” sont les mêmes qui diront “À BAS LE PRÉSIDENT !” ; c’est l’effet de la conviction du ventre et de la misère du cerveau. Dommage pour ceux qui rêvent de grandeur et qui ne peuvent en avoir que par l’illusion !
Bienvenue au pays où les manifestations publiques sont interdites, sauf celles qui font les louanges des dirigeants auto-proclamés ! », a écrit Aliou BAH.
Conakry, Madiba Kaba pour Courrier Régional


