Lors d’une séance de travail avec le Conseil Permanent de la Francophonie, tenue en début de semaine à Paris, le docteur Morissanda Kouyaté, ministre guinéen des affaires étrangères, a annoncé que toutes les élections, y compris potentiellement l’élection présidentielle, se tiendront courant 2025. Cette déclaration contredit les accords signés entre le gouvernement de transition guinéen et la CEDEAO, qui prévoyaient la fin de la transition pour le 31 décembre 2024. Cette annonce a provoqué des réactions au sein de la classe politique guinéenne.
Pour Souleymane Souza Konaté, responsable de la Communication de l’Alliance Nationale pour l’Alternance et la Démocratie (ANAD), « les déclarations du ministre Morissanda Kouyaté mettent en lumière la dérive autoritaire actuelle du CNRD. Elles illustrent également la mainmise des militaires sur le pouvoir et le processus démocratique en Guinée, sous la direction du Général Mamadi Doumbouya. Le CNRD et son gouvernement n’ont pas le pouvoir de fixer la date des élections. Une telle décision sans consultation des autres acteurs politiques et sociaux peut entrainer des crises profondes et des conséquences imprévisibles, d’où la nécessité d’une approche plus inclusive et consultative pour éviter des futurs problèmes », suggère-t-il avant d’enchaîner. « Si le CNRD ou le Général Doumbouya viole cette Charte, cela serait considéré comme une trahison des engagements, avec des répercussions possibles similaires à celles subies par ses prédécesseurs. Car, les articles 46, 55 et 65 de la Charte stipulent clairement que ni le Président en exercice, ni les membres du gouvernement, ni ceux des organes de la transition ne peuvent se présenter à des élections durant cette période de transition. Gouverner sans l’approbation de la majorité des Guinéens est dangereux », lance-t-il.
Pour terminer, Souleymane Souza Konaté a indiqué que le Général Doumbouya dispose de l’opportunité de rectifier certaines erreurs. « Toutefois, s’il se laisse influencer par les extrémistes et imposteurs présents dans son entourage, il devra assumer l’entière responsabilité en cas d’échec de l’initiative. L’exemple de la fin malheureuse de la transition militaire du CNDD du capitaine Dadis en 2009 reste pertinent aujourd’hui. Le manquement à ses engagements a des répercussions, ce dont le patron du CNRD en tant qu’officier militaire, est particulièrement conscient », prévient le Conseiller chargé de Communication de Cellou Dalein Diallo.
Dalanda Bah / dalanda-bah@courrierregional.com



