Ces dernières années plusieurs jeunes Guinéens empruntent la route de la Méditerranée, dans l’espoir, disent-t-ils, de trouver du « bonheur ». Ce « bonheur » pour la plupart d’entre eux se transforme en désespoir. C’est le cas du jeune Mory Condé rapatrié de la Lybie il y a quelques semaines et qui a accepté de se confier à notre Rédaction le lundi 30 septembre 2024 à Conakry.
A l’entame, Mory Condé nous a expliqué les motivations de son départ. « C’est juste la souffrance qui m’a poussé à quitter la Guinée car j’estimais qu’ici ça ne va pas. C’est pourquoi les familles ont mobilisé de l’argent pour que je puisse partir en occident afin d’être leur espoir de demain », a-t-il déclaré.
Malheureusement pour lui, cette décision de partir, ainsi que celle de sa famille lui a coûté de la quinine. « Aujourd’hui même à mon pire ennemi s’il me demande des conseils et qu’il veut emprunter cette route je lui dirai de ne pas le faire car là-bas c’est entre la vie et la mort. Moi j’ai fait cinq (05) ans de prison avant de rentrer ici. En plus, les arabes nous a tellement fatigué. On nous attachait comme de la sardine, nous frappait, certains même avaient des fractures. Et la seule nourriture qu’on emportait c’est du biscuit et ça aussi ils récupèrent et mangent. Et le pire ils urinaient même sur nous et quand nous aussi on les demande de nous laisser descendre pour uriner ils nous disaient de le faire dans le véhicule. En plus on abusait sur les femmes parfois à ciel ouvert mais elles n’ont pas le choix car sont obligées de se soumettre. », déplore le jeune migrant.
Cependant, avec un sentiment de regret Mory Condé lance un appel à ses amis en ces termes. « Je regrette aujourd’hui pourquoi j’ai emprunté cette route. Si je savais que c’est ce qui m’attendais là-bas je n’allais jamais partir. C’est pourquoi je demande à tous les jeunes qui ont l’intention de partir d’avoir le courage de rester au pays parce que même si c’est avec une petite activité, tu es au moins en paix .et en sécurité chez nous ici », a-t-il lancé.
Dalanda Bah / dalanda@courrierregional.com


