L’État Guinéen à travers le ministère de l’Enseignement Supérieur de la Recherche Scientifique et de l’Innovation a décidé d’interdire la vente des brochures dans toutes les institutions publiques d’enseignement supérieur du pays. Cette décision intervient à la veille de l’ouverture des classes, qui a eu lieu ce lundi 14 octobre 2024.
Cette interdiction s’applique sur tout le territoire Guinéen et suscite des inquiétudes parmi certains enseignants chercheurs, comme Alphonse Téliano. Celui-ci estime que cette mesure, prise par les autorités de la transition, nécessite une analyse approfondie sur une période donnée pour comprendre les impacts éventuels entre autres.
« Ce sont des initiatives à encourager, mais il y a un souci d’application de ces décisions. Il fallait prendre une à deux années pour préparer une telle initiative. Ces enseignants ont servi pendant de longues d’années et chacun de nous a été formé par eux. Est ce qu’il y avait un outil d’informatique à l’époque ? Il y a certains qui n’ont même pas un Android et vous lui demandez de fournir le contenu du plan du cour, comment il va vous le faire parvenir ? Nos doyens ont de la compétence mais ils n’ont pas eu la chance de maîtriser l’outil informatique, les logiciels ainsi que les téléphones Android », a-t-il expliqué.
Avant de prendre une décision importante, Alphonse Téliano souligne la nécessité de réaliser un travail de fond. Cependant, le syndicaliste propose plusieurs solutions pour y parvenir.
« Il fallait prendre contact avec tous les enseignants chercheurs des établissements universitaires, D’abord faire un travail de fond, faire la sensibilisation, créer au niveau de chaque institution des points focaux afin d’aider à la conception électronique de tous les cours, les rassurer sur le droit d’auteur, pour pouvoir vraiment faciliter le travail. Aussi faire un essai avec les étudiants. Un étudiant qui n’a même pas le transport pour aller à la faculté comment fera-t-il pour télécharger un cours de plus de 500 pages, vraiment ça va être compliqué », s’indigne Alphonse Téliano, Secrétaire général de l’Union Syndicale des Enseignants Chercheurs et Chercheurs de Guinée (USECCG).
De sources concordantes, la décision d’interdiction de vente de brochures dans les Universités aurait été prise pour réduire les coûts associés à la documentation pour les étudiants. Ainsi, la prime de documentation qui s’élevait initialement à 750 000 GNF est passée à 3 000 000 GNF.
Dalanda BAH / dalanda@courrierregional.com



