La Coordination Nationale des Associations pour la Paix et le Développement appelle au respect des lois lors de l’installation des chefs de quartiers et de districts en Guinée.
Ce processus d’installation, en cours dans les communes urbaines et rurales, a suscité des contestations dans certains quartiers, entraînant parfois des incidents. Ces évènements préoccupent des acteurs de la société civile, y compris Ibrahima Aminata Diallo, patron de la CONAPAID, qui a indiqué que ces contestations ne sont pas surprenantes, car elles surviennent dans un contexte de régime et de situation exceptionnels.
« Ils sont en train de faire un jeu autour du pouvoir central du CNRD et son gouvernement donc il faudrait mettre des hommes qu’ils connaissent et qui peuvent peut-être faire leur affaire. Je pense que c’est dans ce cadre qu’ils ont procédé au remplacement non seulement des conseils communaux mais également des conseils des quartiers », a-t-il dénoncé.
Ibrahima Aminata Diallo estime que la situation pourrait entraîner des conséquences importantes si les critères préalablement établis ne sont pas respectés. « Nous sommes en train d’enregistrer des oppositions dans les quartiers et même à l’intérieur du pays. La question que l’on se pose, c’est si les critères définis préalablement pour être nommé ont été respecté ? Notamment être résidant du quartier ou du district minimum dix ans, être connu pour son engagement et sa participation pour le développement de la localité, la définition de la catégorie (fonctionnaires à la retraite, acteurs de la société civile connus, les sages les femmes et les jeunes). Aussi le code des collectivités qui limite les membres de 7 à 15 selon la densité. Donc si tous ces critères ne sont pas réunis ça devient source des conflits entre les citoyens. Parce qu’on ne peut faire parachuter quelqu’un qu’on connaît pas pour dire que c’est lui le responsable. Ça peut être aussi une guerre de clan entre les partis politiques et même les citoyens » a expliqué Monsieur Diallo.
Pour résoudre la crise actuelle, notre interlocuteur exhorte l’État Guinéen à mettre en œuvre rapidement les dix points du chronogramme de la transition pour sortir de cette situation exceptionnelle. Le sieur Diallo insiste sur le respect du code des collectivités locales et des lois régissant la nomination des chefs de quartiers et de districts. Selon la législation guinéenne, ces responsables doivent être élus par les citoyens plutôt que nommés, car le développement local nécessite l’implication des citoyens. Le Coordinateur de la CONAPAID appelle également les citoyens à éviter les querelles pendant cette période de transition. En conclusion, Monsieur Diallo a souligné l’importance de la légalité plutôt que de la légitimité dans le contexte actuel.
Dalanda BAH / dalanda-bah@courrierregional.com



