Face aux tragédies fréquentes lors des évènements sociopolitiques, culturels et sportifs en Guinée, une enquête de rue a été réalisée jeudi 12 décembre 2024 à Conakry par notre rédaction pour recueillir l’opinion des citoyens sur cette observation.
Monsieur Gassama Sankhoumba, professeur de la langue française dans des écoles privées à Conakry exhorte la population à développer une prise de conscience collective à tous les niveaux.
« D’abord, il faut une conscience collective à tous les niveaux chez les organisateurs. La part des Forces de Sécurité et des participants. Parce que si vous organisez un événement dans un endroit fermé et même espacé, il faut qu’il y ait une sécurisation sûre et honnête. C’est-à-dire, les Forces de l’ordre doivent faire en sorte quand il y a panique de pouvoir gérer la foule. Quant aux organisateurs, ils doivent mettre en place des mesures préventives afin d’éviter l’insécurité et les altercations pendant les événements. Je profite de votre micro de dire à l’État de se battre quand il y a des événements qui peuvent regrouper 5 000 à 10 000 personnes, de mettre en place un maximum de sécurité pour que quand il y a panique de vite gérer sans incident, car de tel cas on doit penser aux risques et aux imprévus parce que les gens sont nombreux pour qu’en cas de problème, la sécurité soit assurée pour éviter le drame », a plaidé Gassama Sankhoumba résidant à Conakry.
Jean Pierre Mina Telliano, acteur social, a donné son avis sur les mouvements sociopolitiques, sportifs et culturels depuis l’arrivée du CNRD au pouvoir. Malgré l’interdiction de ce dernier concernant les mouvements de soutien, Telliano a partagé ses observations et conseille sur la situation actuelle.
« Il faut d’abord préciser que depuis l’arrivée du CNRD au pouvoir en septembre 2021, les mouvements populaires liés à toutes formes de manifestations ont été interdites, excepté ceux liés à des organisations culturelles et sportives. Cependant, malgré l’interdiction des manifestations, certains citoyens bravent cette interdiction et occupent la rue sans autorisation préalable des autorités compétentes. Ce qui entraîne de graves conséquences sur la vie socio-économique de la population. Ces manifestations peuvent d’ailleurs passer du caractère pacifique à de la violence à travers des affrontements entre manifestants et Forces de l’ordre, se soldant par des casses, des blessés et même parfois des cas de morts. A ces manifestations, il faut ajouter ceux à caractère culturel ou sportif qui drainent aussi un très grand nombre de personnes sans tenir compte des mesures de sécurité adéquates dans la plupart des cas et qui peuvent aussi conduire à des désastres comme le dernier cas de Nzérékoré », explique-t-il.
Poursuivant, notre interlocuteur prodigue des conseils à ses concitoyens. « Je conseillerai d’abord à la population en général mais les jeunes en particulier de surseoir à toute manifestation à caractère politique non autorisée par les autorités. Quant aux mouvements culturels et sportifs, la population doit adopter un esprit de non-violence et d’entente mutuelle. Les organisateurs des mouvements culturels et sportifs doivent garantir la sécurité de leurs événements avant, pendant et après, afin d’éviter toute situation qui puisse entraîner à des conséquences fâcheuses. Quant aux autorités Étatiques, elles doivent promouvoir la liberté de manifester, si elle ne trouble pas l’ordre publique en garantissant toutes les mesures de sécurité nécessaires. Elles doivent également rester vigilantes sur les différentes interventions des Forces de l’ordre afin d’éviter des accrochages entre les Forces de l’ordre et la population, punir toute personne qui se rendrait coupable de toute infraction », a déclaré Monsieur Télliano, activiste de la société civile.
Il y a une récurrence d’altercations en Guinée lors des manifestations de soutiens et autres événements politiques. Des évènements marquants incluent ceux du 28 septembre 2009 et les incidents récents au stade du 3 avril de N’Zérékoré. Ces manifestations se terminent fréquemment par des violences qui causent des pertes en vie humaine et endeuillent des milliers de familles.
Tamba Gaspard Kondiano pour Courrier Régional / contact@courrierregional.com


