Ce qui se passe à l’hôpital Donka est révoltant. J’arrive à 15 heures aux urgences, et ce que je vois est un véritable cauchemar. Des patients entassés, d’autres allongés sur des placards. Mais ce qui choque le plus, c’est l’indifférence totale du personnel soignant.
Nous venons de l’hôpital Ignace Deen, où, malgré les difficultés, il y avait au moins un semblant d’organisation et de considération humaine. Mais ici, c’est une autre réalité. Mon oncle, en fauteuil roulant, va passer de 15 heures à 20 heures dans un état critique sans que personne ne réagisse. Personne ne bouge, personne ne s’inquiète. Mais on nous demande de passer à la caisse.
À côté, des femmes épuisées murmurent entre elles, partageant leurs histoires de frustration. L’une d’elles, présente depuis 7 heures du matin, m’avoue qu’aucun médecin ne s’est occupé de son malade, allongé dehors sur la terrasse. Pourtant, elle a déjà déboursé 700.000 GNF… pour des papiers !
À Donka, le patient n’a de valeur que si son portefeuille est bien rempli. Ici, l’argent prime sur la vie.
Madiba Kaba, citoyen Guinéen


