“Le journalisme n’est pas un crime, dans aucun pays” : ce sont les mots écrits sur un bout de papier, par le journaliste suédois Joakim Medin, depuis sa cellule d’isolement de la prison de haute sécurité de Marmara, en Turquie. Incarcéré depuis le 28 mars 2025, il est accusé d’“appartenance à une organisation terroriste armée” et d’“insultes au président” Recep Tayyip Erdogan.
Cette charge est régulièrement invoquée pour faire taire les journalistes. Durant les dix années de présidence Erdogan, au moins 77 journalistes ont été condamnés sous cette charge (“Turquie : dix années d’hostilité du président Erdogan envers la presse”, RSF, 2024).
Depuis l’arrestation du maire d’Istanbul et rival d’Erdogan, le 19 mars 2025, la répression contre les journalistes et les médias s’est intensifiée en Turquie. Arrestations arbitraires, violences physiques et entraves à la liberté de la presse sont devenues monnaie courante alors que s’écrit une page de l’histoire de la Turquie.
Dix journalistes ont été interpellés à Istanbul et à Izmir. Des sanctions, allant de l’amende à l’interdiction d’émettre, ont été arbitrairement imposées aux médias turcs par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (RTÜK), dominé par les soutiens de Recep Tayyip Erdogan, renforçant ainsi le contrôle du gouvernement sur l’information. Les autorités turques ont expulsé le correspondant de la BBC, Mark Lowen, accusé de représenter une « menace à l’ordre public ».
RSF exige la fin immédiate des entraves et des violences envers les journalistes en Turquie et partout dans le monde.
Reporters Sans Frontières



