Au sortir de l’audience de ce mercredi 23 avril 2025 à la Cour d’Appel de Conakry, l’avocat de l’opposant Aliou Bah, Maître Galissa Diallo, s’est exprimé devant la presse avec une fermeté rare. Son intervention, aussi vibrante que méthodique, a mis en lumière ce qu’il qualifie de « persécution flagrante » contre son client, tout en saluant la résilience de ce dernier face aux épreuves judiciaires.
« Ceux qui étaient dans la salle d’audience en ont été témoins. La persécution est tellement évidente qu’elle ne fait que revigorer le moral de M. Aliou Bah. Il est serein, il est solide. Son moral est au beau fixe », a-t-il déclaré avec assurance.
L’avocat a souligné que les moyens déployés contre son client. Véhicules blindés, forte présence militaire témoignent de l’envergure politique de M. Bah. « Ce que vous avez vu ici, cette contingence militaire, c’est une tentative d’intimidation. Mais il ne fléchit pas », a insisté Me Diallo.
Sur le fond du dossier, la défense affirme avoir été « poignante, pertinente et factuelle », contrairement au parquet, accusé de n’avoir produit « aucune preuve tangible ». Il fustige le vide juridique du dossier, soulignant que M. Bah est poursuivi pour « des faits qui n’existent pas ».
Plus encore, Maître Diallo a relevé une contradiction majeure dans la qualification des faits : « On l’accuse d’avoir offensé le président de la République alors que dans l’ordre institutionnel actuel, il n’y a pas de président de la République. La charte de la transition parle de président de la transition ».
Revenant sur la procédure, l’avocat a rappelé que le délai légal de trois mois pour rendre une décision après appel a expiré depuis le 7 avril. « Une décision aurait dû être rendue depuis. Nous avions donc demandé une délibération sur siège, ce qui n’a pas été retenu. La juge a renvoyé l’affaire au 28 mai. Nous espérons qu’elle fera alors preuve de la même souveraineté pour relaxer purement et simplement M. Aliou Bah ».
Maître Galissa Diallo a prévenu que toute condamnation en dehors des bases légales serait une entorse grave à l’État de droit, engageant la responsabilité non seulement de la justice, mais de l’ensemble de la société.
Madiba Kaba pour Courrier Régional / courrierregional@gmail.com


