Encore une Journée Internationale de la Presse ! Encore des discours bien rédigés, des hommages vides, des tables rondes inutiles. Mais qui ose dire la vérité ? Qui ose dénoncer le naufrage que vit la presse guinéenne au quotidien ?
La réalité est amère : la presse en Guinée est prise en otage. Par la pauvreté, par les intérêts politiques, par la lâcheté de certains de ses propres acteurs. Oui, disons-le clairement : trop de journalistes se laissent acheter à coup de petites enveloppes. Trop de patrons de médias sacrifient leur ligne éditoriale pour un contrat avec une institution. Trop de Radios et de Télés servent aujourd’hui de caisses de résonance aux puissants.
Où est la liberté ? Où est l’indépendance ? Quand un journaliste est prêt à mentir pour un billet, quand un patron est prêt à censurer pour un contrat, ce n’est plus de la presse, c’est de la propagande déguisée.
Et les conditions de travail ? Parlons-en ! Des journalistes sans contrat, mal payés ou pas payés du tout. Comment peuvent-ils être libres quand ils sont affamés ? Comment peuvent-ils enquêter quand ils doivent courir après les perdiems pour survivre ?
A cela s’ajoute, le manque criard de formations. Beaucoup ne savent même pas ce que signifie vérifier une information. Ils confondent journalisme et adulation. Ils tiennent le micro non pas pour interroger, mais pour flatter. Et tout cela se fait au nom du “journalisme” ?
Assez ! Trop, c’est trop. Cette journée ne devrait pas être une célébration. Elle devrait être un cri de colère, une claque à notre conscience collective. Tant que la presse sera fragile, dépendante et instrumentalisée, la démocratie guinéenne restera une illusion.
Ce ne sont pas d’éloges dont nous avons besoin. C’est du courage, d’éthique, de vérité. Et surtout, de respect pour ce métier. Le vrai.
Madiba Kaba, Journaliste



