En attendant que le Tout-Puissant s’occupe, en Son temps et selon Sa justice, de cette prétendue agence de voyage qui a escroqué plus de 30 candidats au Hadj pour un montant dépassant les deux milliards de francs guinéens, le CNRD — sous le régime duquel cette ignominie a eu lieu pour la première fois — devrait en faire un point d’honneur et engager des poursuites exemplaires contre tous les responsables de cette forfaiture jusque dans les banques.
Si l’Histoire doit s’écrire, alors qu’elle s’écrive dans la fermeté, dans la vérité, et surtout dans la défense de la dignité du pèlerinage. Car il ne s’agit pas simplement d’un détournement financier : c’est un viol du sacré, une profanation de la foi, une trahison de la confiance que des citoyens, souvent analphabètes mais profondément croyants, ont placée en des structures qu’ils pensaient dignes.
Le Hadj ne devrait jamais devenir un business, un terrain de chasse pour affairistes sans scrupules. Des têtes doivent tomber, et pas symboliquement : il faut des sanctions judiciaires réelles, visibles, et dissuasives. Ce n’est pas uniquement une question de justice, c’est aussi une question de souveraineté morale.
Certes, l’analphabétisme rend les populations vulnérables aux arnaqueurs de tout acabit. Mais il est tout aussi vrai — et encore plus grave — que l’absence de régulation proactive de l’État permet à ces escrocs d’opérer à ciel ouvert. L’État guinéen, à travers ses institutions religieuses et administratives, a le devoir de prévenir ces drames par des campagnes massives de sensibilisation, de contrôle rigoureux des agences agréées et d’assainissement du secteur.
On ne joue pas avec la foi des gens. On ne marchande pas le Hadj. Et l’État n’a pas le droit de se taire.
Abdoulaye Sankara (MACO) journaliste



