Exilé à l’étranger, le rappeur Guinéen Djanii Alpha a réagi à la confirmation de la condamnation d’Aliou Bah, président du Mouvement Démocratique Libéral (MoDeL), poursuivi pour « offense au Chef de l’État, le Général Mamadi Doumbouya ». Dans une déclaration « engagée », l’artiste dénonce un recul des libertés en Guinée et appelle à une mobilisation citoyenne pour défendre l’État de droit.
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le mercredi 28 mai, Djanii Alpha critique ouvertement la décision de Justice visant le leader politique Aliou Bah. Il y voit une nouvelle manifestation de ce qu’il qualifie de dérives autoritaires dans le cadre de la transition en cours.
« La confirmation de la condamnation du camarade Aliou Bah par cette Cour d’injustice au service d’une transition qui a dérouté, qui a trahi et qui continue de trahir n’est qu’une nouvelle victoire de l’arbitraire sur la liberté dans notre pays », a-t-il déclaré.
L’artiste exhorte les militants pro-démocratie à rester mobilisés face à ce qu’il considère comme une organisation méthodique de l’injustice. Selon lui, ceux qui portent atteinte à la liberté sont certes peu nombreux, mais très structurés. « Hier, c’était un autre. Aujourd’hui, c’est Aliou Bah. Demain, ce sera peut-être toi », a-t-il alerté, soulignant les risques d’un basculement vers un régime autoritaire.
À plusieurs reprises dans son intervention, Djanii Alpha a exigé la libération de l’opposant : « Libérez Aliou Bah », le présentant comme une figure emblématique de la lutte démocratique en Guinée.
Artiste engagé, Djanii Alpha n’a jamais dissocié sa musique de ses prises de position citoyennes. Dans ce message, il rappelle la nécessité d’une mobilisation pacifique mais déterminée pour faire face à l’arbitraire. Il conclut en citant le rappeur Tupac Shakur : « La haine que l’on enseigne aux enfants finira par tous nous péter à la gueule ». Et de lancer : « Qui veut la paix, prépare la paix ».
Cette déclaration intervient dans un climat politique marqué par des arrestations de figures de l’opposition et des critiques croissantes à l’égard de la transition. Plusieurs acteurs politiques et organisations de la société civile pointent du doigt ce qu’ils considèrent comme une restriction des libertés fondamentales. Depuis l’étranger, Djanii Alpha prête sa voix à ceux qui réclament une Guinée plus juste, plus libre, et plus démocratique.
Décryptage / Madiba Kaba / courrierregional@gmail.com


