À moins de deux semaines du congrès national électif de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), le principal parti d’opposition se prépare à un rendez-vous décisif pour son avenir. Ce mercredi 25 juin 2025 à Conakry, Souleymane Souza Konaté, Coordinateur de la cellule de communication, nous livre en exclusivité les coulisses de cette rencontre cruciale : organisation, élection du président, défis politiques et position du parti face à la transition guinéenne. Entretien sans filtre avec un acteur clé de l’UFDG.
Courrier Régional (CR) : Bonjour Monsieur Konaté, merci de nous accorder cette interview. Le congrès national de l’UFDG est prévu pour le 6 juillet 2025. Pouvez-vous confirmer cette date et nous parler des préparatifs ?
Souleymane Souza Konaté (SK) : « Bonjour, merci à vous. Oui, le congrès aura bien lieu le 6 juillet. Tout est en marche : les commissions travaillent déjà d’arrache-pied, les réunions inter commissions suivent après chaque conseil politique. L’inter commission de cet après-midi sera notre sixième du genre depuis la mise en place des commissions de travail, on veut vraiment que ce congrès soit une réussite ».
CR : Ce congrès est très attendu, notamment pour l’élection du président du parti. Comment cela va-t-il se passer ?
SK : « Effectivement, l’élection du président est un moment fort, mais ce n’est pas tout. On va aussi renouveler les instances dirigeantes, valider de nouveaux statuts, revoir le règlement intérieur, et adopter notre programme de gouvernance. C’est une refondation complète du parti ».
CR : On parle de candidatures. Où en est-on exactement ? Y a-t-il des candidats officiels ?
SK : « Pour l’instant, aucune candidature officielle n’a été déposée. Mais dans les coulisses, trois noms circulent beaucoup. Pour être candidat, il faut être militant actif, sans sanction disciplinaire, et impliqué dans le parti. Tout ça sera vérifié par la commission d’investiture ».
CR : La transparence est souvent un sujet sensible dans ce genre d’élection. Quelles garanties pouvez-vous donner ?
SK : « La transparence, c’est essentiel. Si on ne trouve pas de consensus, ce sera le vote par urnes, sous le regard des médias et des observateurs. L’UFDG a la démocratie dans son ADN, on ne trahira pas ces principes ».
CR : Plus largement, quels sont les enjeux politiques pour l’UFDG dans cette phase de transition ?
SK : « Le congrès doit permettre à nos militants de s’exprimer librement. L’UFDG est un parti structuré et prêt à relever les défis. Il faut que nos décisions reflètent les attentes des Guinéens et la situation politique actuelle ».
CR : Certaines langues appellent à un changement à la tête du parti, surtout après plusieurs défaites électorales. Que leur répondez-vous ?
SK : « La politique, ce n’est pas une question de nombre de défaites. Il faut de la persévérance. Regardez Alassane Ouattara, il a dû essayer plusieurs fois avant d’être élu. Ce qui compte, c’est la constance, la vision et l’engagement ».
CR : Parlons maintenant de la tutelle du ministère de l’Administration sur l’organisation des élections. Qu’en pensez-vous ?
SK : « C’est une militarisation du processus électoral. Cela va à l’encontre de la charte de la transition et des engagements internationaux de la Guinée, comme la Charte africaine sur la démocratie, qui interdit aux auteurs de coups d’État de se présenter ».
CR : Le protocole additionnel de la CEDEAO appuie-t-il cette position ?
SK : « Oui, il exige un organe indépendant pour gérer les élections. Or, aujourd’hui, les préfets, sous-préfets et gouverneurs sont souvent des militaires sans expérience électorale. Cela risque de fausser tout le processus ».
CR : Et justement avez-vous un message pour le Général Mamadi Doumbouya, président de la transition ?
SK : « Il doit tirer les leçons du passé. Ceux qui encouragent la confiscation du pouvoir sont souvent les mêmes qui ont violé les constitutions par le passé. Quand l’heure de la vérité arrivera, chacun devra répondre de ses actes. La Guinée ne peut pas se permettre de répéter ces erreurs ».
CR : Avant de nous quitter, quel message adressez-vous aux militants de l’UFDG ?
SK : « Restez mobilisés et déterminés. Ce congrès est une opportunité pour montrer notre unité et notre engagement pour la Guinée. Ensemble, nous pouvons faire la différence ».
Entretien réalisé par Madiba Kaba / courrierregional@gmail.com



