L’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) hausse le ton. Dans une lettre officielle adressée au ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, le parti dirigé par Cellou Dalein Diallo rejette catégoriquement la demande de suspension de son congrès extraordinaire prévu le 6 juillet 2025.
L’UFDG dénonce une décision qu’elle qualifie de « partiale, illégale et disproportionnée », fondée uniquement sur les allégations du Mouvement des Réformateurs de l’UFDG (MR-UFDG), un groupe que le parti considère comme sans existence juridique. « Votre décision est contraire à l’équité et constitue un parti pris manifeste », peut-on lire dans la lettre adressée au ministre Mory Condé.
Le parti rappelle qu’un jugement du Tribunal de Première Instance de Dixinn, rendu le 23 mai 2025, autorise formellement la tenue du congrès. Ce jugement est définitif sur la majorité des points, à l’exception d’un appel partiel concernant M. Ousmane Gaoual Diallo. L’UFDG estime que le ministre tente d’« obtenir par voie administrative ce que M. Diallo n’a pas obtenu devant la justice », évoquant ainsi une violation du Code de Procédure Civile, Économique et Administrative et du principe fondamental de séparation des pouvoirs.
Autre point de discorde : l’injonction du ministre à entamer un dialogue avec le MR-UFDG. Le parti dénonce une « immixtion inacceptable » dans sa vie interne. Selon l’UFDG, la gestion des conflits internes relève de ses propres statuts ou, en dernier recours, de la justice, et non du ministère. « Le ministre n’a aucune compétence juridictionnelle pour imposer une commission paritaire ou arbitrer un conflit interne », martèle le parti.
Loin de reculer, l’UFDG affirme qu’il maintiendra la tenue de son congrès le 6 juillet, qu’il considère comme légitime et conforme à la loi. Le parti se réserve par ailleurs le droit de contester la décision du ministre devant la Cour suprême pour « excès de pouvoir ».
Cette affaire illustre une nouvelle fois les tensions persistantes entre l’exécutif et les partis politiques, dans un contexte où l’indépendance de la justice et le respect des libertés fondamentales sont de plus en plus scrutés.
À suivre…
Madiba Kaba pour Courrier Régional / courrierregional@gmail.com



