Le climat politique se crispe en Guinée. L’Alliance Nationale pour l’Alternance et la Démocratie (ANAD) est montée au créneau, le vendredi 11 juillet à Conakry, pour rejeter catégoriquement le projet de nouvelle Constitution dévoilé le 30 juin par les autorités de la Transition. La coalition y voit une remise en cause des engagements pris depuis le coup d’État du 5 septembre 2021.
Dans une déclaration rendue publique, l’ANAD parle de « violation grave » de la Charte de la Transition, notamment en raison de la suppression de l’article 46, qui interdit clairement toute candidature des membres du CNRD, y compris du président de la Transition, aux futures élections.
Pour la coalition dirigée par Cellou Dalein Diallo, cette omission est tout sauf accidentelle. Elle serait, selon elle, destinée à ouvrir la voie à une candidature du chef de la junte, le général Mamadi Doumbouya, aux élections censées marquer la fin de la Transition. « C’est une tentative de confiscation du pouvoir qui va à l’encontre de l’engagement pris devant le peuple et la communauté internationale », indique la déclaration.
L’ANAD rappelle que la Guinée est également signataire de la Charte africaine de la démocratie, qui interdit aux auteurs de coups d’État de participer aux scrutins de retour à l’ordre constitutionnel. Une disposition que le projet semble ignorer.
La coalition pose ses conditions avant toute validation du texte par les institutions nationales. Elle demande :
- Le rétablissement des articles 46, 55 et 65 de la Charte dans les dispositions transitoires ;
- La suppression de l’article 74, jugé « choquant », car il accorde l’impunité au président ;
- Le retour au mandat présidentiel de cinq ans ;
- L’obligation pour le président de déclarer ses biens en début et en fin de mandat
L’ANAD prévient qu’en l’absence de modifications, elle mènera une campagne de rejet du projet, qu’elle qualifie d’« illégitime et antidémocratique ». Elle rappelle que le président de la Transition avait prêté serment de respecter la Charte, engagement aujourd’hui « piétiné ».
Cette sortie intervient alors que la tension monte dans les cercles politiques et que les interrogations persistent sur la sincérité du processus de retour à l’ordre constitutionnel.
Madiba Kaba pour Courrier Régional / courrierregional@gmail.com



