Le 20 juillet 2025 marquera les six mois du retour de Donald Trump au Bureau ovale. Après une avalanche de déclarations plus extravagantes les unes que les autres, l’effet de sidération s’estompe. Mais ses attaques contre la presse libre ne faiblissent pas. Pire : elles s’organisent, s’intensifient, et s’institutionnalisent. Son administration affiche des comportements de plus en plus hostiles à l’égard des médias, qui rappellent certains régimes autoritaires ou semi-autoritaires à travers le monde.
Le président Trump n’a jamais caché son mépris pour les médias. Mais depuis son retour au pouvoir, il ne se contente plus de les dénigrer, il agit contre eux.
Trump mène une guerre contre les médias, sapant les piliers du journalisme indépendant : l’accès à l’information, les financements publics et privés, et la légitimité des reporters. Comme tout chef autoritaire, il cherche à affaiblir, intimider et punir la liberté de la presse. Voici trois exemples concrets :
- Comme au Salvador sous Nayib Bukele, le président américain instrumentalise la justice pour faire pression sur les médias.Donald Trump a multiplié les poursuites contre des organes de presse pour des contenus jugés défavorables. Cette stratégie de harcèlement judiciaire est connue sous le nom de lawfare.
- Comme en Turquie sous Recep Tayyip Erdoğan, il tolère, voire alimente les violences contre les journalistes. Les journalistes ont été pris pour cibles lorsqu’ils couvraient les manifestations liées à la politique migratoire ultra-répressive de Trump.
- Comme en Russie sous Vladimir Poutine, il façonne le discours officiel en imposant un vocabulaire unique. En février 2025, son administration a ordonné de rebaptiser le golfe du Mexique en « golfe d’Amérique ». Si certaines plateformes comme Google Maps ont appliqué ce changement, l’agence de presse Associated Press (AP), elle, a résisté. Conséquence : ses journalistes ont été exclus du Bureau ovale.
Face à cette dérive autoritaire, RSF intensifie ses actions : recours juridiques contre le gouvernement américain, soutien aux journalistes et aux médias visés, plaidoyer. Nous défendons chaque jour l’accès à une information libre et fiable — aux États-Unis comme ailleurs.
Mais ces actions ont un coût. Et chaque jour sans mobilisation renforce l’impunité de Donald Trump qui rêve d’une presse sous contrôle.
Votre don, aujourd’hui, nous permet d’agir concrètement face à cette urgence.
Quel que soit le montant que vous êtes prêts à donner, il sert à défendre une presse libre, pluraliste, et indépendante partout dans le monde. C’est une condition indispensable à toute démocratie digne de ce nom.
Merci de croire que l’information libre est un droit, non un privilège et de croire en une mobilisation commune.
L’équipe de Reporters sans frontières



