Élie Kamano est sans doute l’une des figures les plus emblématiques de l’engagement artistique en Guinée, porté par un discours panafricaniste assumé et des prises de position critiques à l’égard du pouvoir. Son engagement l’a initialement conduit à soutenir le régime du Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) dans son pays, avant qu’une rupture ouverte ne survienne, nourrie par des divergences idéologiques profondes, mais surtout par de vives polémiques autour de la gestion de fonds destinés aux artistes guinéens malades.
Dans ce contexte, l’hypothèse selon laquelle tout un commando aurait été spécifiquement mobilisé pour procéder à son enlèvement dans le pays étranger où il vit aujourd’hui en exil, paraît, à ce stade, difficile à étayer et serait d’ailleurs trop fort de café.
Une telle allégation, bien qu’alarmante, relève pour le moment davantage de la spéculation que de l’analyse fondée. Si l’histoire politique récente de la Guinée et de la sous-région montre que certaines dérives sécuritaires ne sont pas à exclure, il convient néanmoins de mesurer la portée d’un tel scénario dans le cas précis de l’artiste.
Élie Kamano, opposé au régime d’Alpha Condé et maintenant au CNRD, malgré la virulence de certains de ses propos, ne paraît pas incarner une menace stratégique suffisante pour justifier une opération aussi risquée sur le plan diplomatique et juridique.
En l’absence d’éléments tangibles ou de preuves crédibles, il est donc recommandé d’aborder cette affaire avec prudence, en veillant à distinguer les faits vérifiables des récits alarmistes. Il faudrait éviter de créer des crises diplomatiques inutiles entre les pays !
Abdoulaye Sankara MACO, journaliste



