Lors d’une interview accordée à Alain Foka sur AFO Média, Tidjane Thiam s’est montré très virulent à l’égard des prolongations de mandats présidentiels en Afrique.
L’ancien directeur général de Crédit Suisse, devenu une figure politique ivoirienne de plus en plus influente, a plaidé pour une limitation claire et intangible à deux mandats présidentiels, à inscrire dans toutes les constitutions du continent. « J’ai proposé qu’aucun être humain, de sa naissance jusqu’à sa mort, ne puisse faire plus de deux mandats présidentiels», a-t-il déclaré, en référence aux modifications constitutionnelles utilisées par certains dirigeants pour s’éterniser au pouvoir.
Avec un sens de l’ironie mordant, il a dénoncé ce qu’il appelle l’« arithmétique présidentielle africaine », où « le 2 devient 4, le 4 devient 2 ». Et d’ajouter, moqueur : « Ce n’est pas comme ça qu’on m’a appris à compter à l’école. On dira aussi que si jamais il y a résurrection, elle devra être constatée officiellement. Parce que certains reviennent et disent : Je suis mort, je suis revenu.’ Ils ont une imagination débordante ! »
Cette déclaration intervient dans un climat politique particulièrement tendu en Côte d’Ivoire, où le président Alassane Ouattara, après avoir modifié la Constitution en 2020, brigue un quatrième mandat. Une situation que Tidjane Thiam semble viser clairement dans son propos.
En s’attaquant aussi frontalement à la question des mandats à rallonge, Thiam renforce son positionnement politique, suscitant autant l’adhésion que le débat. Ses propos, très largement relayés sur les réseaux sociaux, résonnent dans un continent où la question de l’alternance démocratique reste un enjeu brûlant.
Madiba Kaba pour Courrier Régional / courrierregional@gmail.com


