Le lundi 4 août 2025, Tidjane Thiam, président du PDCI-RDA, principal parti d’opposition en Côte d’Ivoire, s’est exprimé sans détour sur la prochaine élection présidentielle prévue en octobre. Actuellement exclu de la course faute d’inscription sur les listes électorales, l’ancien ministre et homme d’affaires de renom a lancé un appel clair : la compétition doit être ouverte à tous les candidats, sans exclusion.
« Ce dont la Côte d’Ivoire a désespérément besoin, c’est d’une élection inclusive, transparente, crédible, et dont le résultat soit accepté par toute la nation ». Face à la tension croissante liée à la candidature annoncée d’Alassane Ouattara, il a souligné l’importance d’un scrutin apaisé.
Il a rappelé l’histoire électorale ivoirienne marquée par de nombreuses crises : « L’exclusion d’Alassane Ouattara en 1995, les tensions violentes en 2000, l’absence d’élection en 2005, la crise post-électorale meurtrière en 2010-2011, et les violences persistantes en 2015 et 2020. Nous voilà en 2025. La Côte d’Ivoire a 65 ans. Il est temps que notre pays connaisse enfin une élection sans conflit. »
Interrogé sur la volonté du président sortant de briguer un quatrième mandat, Tidjane Thiam s’est montré critique : « Le devoir, c’est aussi de respecter la parole donnée. En 2020, M. Ouattara s’était engagé à transmettre le pouvoir à une nouvelle génération. Ce revirement ne fait qu’approfondir les divisions dans le pays. »
Sur la question de la compétition électorale, il a été clair : « Si M. Ouattara est candidat, qu’il ouvre largement les portes et qu’il laisse tout le monde se présenter. » Pour lui, la condition sine qua non est que « tous les autres puissent en faire autant. Que cette élection soit ouverte à tous, et qu’enfin, les Ivoiriens aient la possibilité de choisir librement, selon leur conscience, celui ou celle qu’ils veulent à la tête du pays. »
Tidjane Thiam a réaffirmé son attachement à une démocratie apaisée et inclusive : « En 2020, j’appelais à l’apaisement plutôt qu’à la division. Aujourd’hui, je renouvelle cet appel face à une élection qui doit être une vraie compétition électorale, sans exclusion. »
À un peu plus de deux mois du scrutin, son message sonne comme un avertissement, mais surtout comme une invitation à bâtir un avenir démocratique plus stable en Côte d’Ivoire.
Madiba Kaba pour Courrier Régional / courrierregional@gmail.com



