Depuis plusieurs mois, la Guinée est confrontée à une crise aiguë de liquidités, rendant les retraits bancaires difficiles et frustrant les usagers.
Un colonel en activité, qui a préféré garder l’anonymat, témoigne de son expérience à Kaloum. Venu retirer 13 millions de francs guinéens pour acheter une voiture d’occasion à sa femme, il n’a pu obtenir que 5 millions de francs guinéens.
« C’est ridicule ! Comment peut-on avoir de l’argent et ne pas pouvoir l’utiliser ? » s’indigne-t-il, avant d’ajouter. « Si ça continue, je vais résilier mon contrat. C’est mon argent, je devrais pouvoir en disposer librement. Je vais perdre cette occasion. C’est un ami qui me revend la voiture, mais avec 5 millions je vais faire quoi ? »
Djibril Bangoura, citoyen guinéen, partage son point de vue : « Je ne comprends pas cette crise comme si la masse monétaire avait quitté le pays. Le problème est surtout une rupture de confiance entre les banques et la population. Le franc guinéen est bien là, en Guinée, pas ailleurs. »
Sur le terrain, Chérif Bah, opérateur de transfert d’argent à Conakry, décrit une situation alarmante : « Les clients veulent retirer plusieurs millions, mais souvent, c’est impossible en liquide. Nos fournisseurs se heurtent aux refus des banques qui limitent les retraits. Sans cash, notre activité est bloquée. On a tous entendu l’interview du gouverneur de la Banque Centrale qui explique que c’est un problème de liquidités, et non un manque d’argent. Cela dure depuis presque deux mois et s’aggrave jour après jour. Une solution rapide s’impose pour relancer l’économie. »
Cette crise compromettrait sérieusement la confiance dans le système financier guinéen et pourrait freiner les activités économiques à tous les niveaux.
Madiba Kaba pour Courrier Régional / courrierregional@gmail.com


