Invité de l’émission « Face à l’Opinion », le vendredi 5 septembre 2025, l’ancien Premier ministre et ex-haut fonctionnaire de la Banque centrale, Cellou Dalein Diallo, a livré une analyse acerbe de la crise de liquidités qui frappe actuellement la Guinée.
Selon Dalein, la crise trouve sa source dans une pression excessive de l’État sur la Banque centrale. « Au début de l’année 2025, les retraits d’espèces opérés par le Trésor, c’est-à-dire l’ensemble des structures de l’État, ont dépassé toutes les prévisions », a-t-il expliqué.
L’ancien directeur général des affaires économiques et monétaires a détaillé le fonctionnement des coffres : « Au niveau de la Banque centrale, il y a trois caveaux. Le caveau des billets non émis, qui viennent du fabricant et ne sont pas encore mis en circulation. L’encaisse de la Banque centrale. Et les billets retirés de la circulation en raison de leur vétusté. La pression exercée sur la Banque centrale par l’État, dans le cadre du financement des mamayas (propagande)et de la promotion de la candidature de Doumbouya, a dépassé toutes les prévisions. La Banque centrale a été prise de court et a vidé le caveau des billets non émis. »
Le rythme exceptionnel des retraits a entraîné une paralysie du système bancaire. « L’argent qui a été retiré au premier semestre 2025, c’est ce qui sortait habituellement en deux ans. Les pièces se sont vidées. Les banques commerciales, dont les comptes sont créditeurs à la Banque centrale, émettent des chèques, mais ne peuvent pas obtenir les billets. Quand leurs clients viennent retirer, elles ne peuvent pas les satisfaire. »
La confiance entre les clients et les banques a été rompue. « Quand vous déposez un chèque à la banque, vous ne pouvez pas obtenir votre argent. Les banques, les ménages et les entreprises ne déposent plus parce qu’elles ne peuvent pas retirer. Les entreprises du secteur formel, qui paient souvent leurs salariés en cash, ont été pénalisées. Les citoyens épargnants n’ont pas pu accéder à leur argent. Toute l’économie a été paralysée par la mauvaise gestion de la Banque centrale et des autorités publiques. »
Pour le président de l’UFDG, cette crise est le résultat de retraits massifs, de mauvaise gestion et de l’usage politique des ressources monétaires, affectant directement les citoyens, les entreprises et l’ensemble du système bancaire guinéen.
Madiba Kaba pour Courrier Régional / courrierregional@gmail.com



