La décision de justice rendue dans l’affaire de l’artiste Singleton, reconnu coupable d’homicide involontaire, continue de susciter un vif débat au sein de l’opinion publique. Le Tribunal a condamné le chanteur au paiement de 10 millions GNF d’amende et 900 millions GNF de réparation civile, assortis d’un sursis.
Dans la rue comme sur les réseaux sociaux, beaucoup s’interrogent, comment comprendre qu’un vol de téléphone à Kindia ait valu dix ans de prison ferme à son auteur, tandis qu’une affaire de mort d’homme se solde par une peine avec sursis ?
Peu après le verdict, ce mercredi 10 septembre, Maître Pépé Antoine Lama a publié sur sa page Facebook des précisions pour éclairer l’opinion. Selon lui, le sursis ne doit pas être perçu comme une indulgence, « le sursis n’est pas une absence de sanction. C’est une véritable mise à l’épreuve. Pendant le délai fixé, ici cinq ans, si le condamné commet une nouvelle infraction, la peine initiale s’ajoute à la nouvelle. C’est une épée de Damoclès suspendue au-dessus de lui. »
L’avocat rappelle également que le juge ne peut céder à la pression de l’opinion, « le juge n’est soumis qu’à l’autorité de la loi. Il doit se concentrer sur les faits, la loi et sa conscience. Les décisions de justice ne doivent pas refléter l’humeur collective, même lorsqu’elle est majoritairement défavorable à un prévenu. »
Toutefois, il reconnaît la légitimité de l’indignation populaire face aux disparités dans les peines, « les comparaisons sont compréhensibles, mais chaque affaire a ses propres circonstances, la personnalité de l’accusé, son passé judiciaire et les éléments du dossier. »
L’affaire Singleton illustre ainsi la tension constante entre justice et opinion publique. Pour Maître Pépé Antoine Lama, la crédibilité de la justice repose avant tout sur son indépendance et sur la motivation claire de ses décisions, qui doivent allier rigueur juridique et dimension pédagogique.
Madiba Kaba pour Courrier Régional / courrierregional@gmail.com


