Plus d’une douzaine de sièges de médias et d’organisations de journalistes ont été attaqués le 9 septembre lors d’émeutes qui ont éclaté dans différentes régions du Népal, et dans la capitale Katmandou.
La veille, quatre reporters ont été blessés par les forces de l’ordre dans la capitale. Dans ce climat d’instabilité et de crise politique, reporters sans frontières (RSF) condamne ces violences et appelle, la nouvelle Première ministre par intérim Sushila Karki, le président népalais Ram Chandra Paudel, et l’armée, qui a pris le contrôle du pays, à respecter le travail essentiel des journalistes et à garantir la liberté de la presse.
Au cours des émeutes qui ont embrasé la capitale le 9 septembre, ainsi que différentes régions du pays, les bureaux d’au moins une dizaine de médias, et de trois organisations de médias ont été incendiés ou vandalisés. A Kadmandou, dans le quartier de Thapathali, des émeutiers ont incendiés les locaux du premier groupe de médias privé, Kantipour Média Group (KMG). Les locaux de la Radiodiffusion publique (Public Service Broadcasting Nepal, PSBN), propriétaire de Radio Nepal et Nepal Télévision, hébergée au siège du gouvernement népalais, le Singha Durbar, ont été également vandalisés.
La veille, d’importantes manifestations ont été violemment réprimées par les forces de l’ordre, causant au moins 19 morts. Les jeunes népalais ont initié ce mouvement pour dénoncer la corruption de l’élite politique et la suspension par le gouvernement de 26 plateformes de réseaux sociaux, sous le motif qu’elles n’étaient pas officiellement enrégistrées conformément aux nouvelles directives gouvernementales. Trois journalistes couvrant les évenements pour les médias Kantipur TV, Naya Patrika et Nepalpress, et un journaliste indépendant ont été blessés par des balles en caoutchouc tirées par la police.
Les attaques violentes contre les médias, dans ce contexte de soulèvement contre les autorités, sont inacceptables. Tout comme le sont les violences policières qui ont blessé quatre journalistes. En temps de crise et d’instabilité, plus que jamais, il est essentiel de pouvoir protéger le droit d’informer et d’être informé. RSF appelle la nouvelle Première ministre par intérim du pays, Sushila Karki, le président népalais Ram Chandra Paudel et l’armée qui a pris le contrôle du pays, à garantir la protection des journalistes. Il est aussi essentiel que la liberté de la presse soit posée comme condition préalable à la reconnaissance de tout futur gouvernement.
Célia Mercier
Responsable de bureau Asie du Sud de RSF



