Dans une publication, ce mardi 30 septembre, sur sa page Facebook, l’analyste Kerno Alou Kake est revenu sur l’affaire opposant la société Axis Minerals à l’État guinéen, un dossier qui suscite de vifs débats dans l’opinion. Pour lui, ce litige dépasse largement le cadre financier pour révéler les failles de la gouvernance minière en Guinée.
« D’un côté, l’État revendique son droit de nettoyer les permis inactifs, de l’autre, un investisseur étranger dénonce des méthodes arbitraires et réclame un milliard de dollars. Ce n’est pas seulement un bras de fer économique, mais le signe d’un mal plus profond : l’absence de cadres compétents et indépendants capables de défendre les intérêts du pays tout en respectant les règles internationales », écrit-il.
Selon Kerno Alou Kake, l’ancien président Alpha Condé avait certes modernisé le cadre légal et réussi à attirer des investisseurs, mais son pouvoir a laissé prospérer un système opaque et politisé, marqué par des concessions floues et des accords conclus à la hâte. Il rappelle que si la révocation du permis d’Axis Minerals est intervenue après la chute de Condé, elle s’inscrit tout de même dans le contexte façonné par ses réformes.
« On peut raisonnablement parler de deal de dupe si les contrats ne prévoyaient pas de garanties suffisantes pour l’investisseur, si les obligations de l’État n’étaient pas claires ou si la loi ne garantissait pas un traitement équitable », ajoute-t-il.
Enfin, l’analyste insiste sur la nécessité pour la Guinée et l’Afrique de former des négociateurs, juristes et experts capables de sécuriser et de surveiller les contrats miniers. Un défi majeur pour éviter les litiges coûteux, renforcer la confiance des investisseurs et garantir que les retombées économiques bénéficient réellement aux populations.
Madiba Kaba pour Courrier Régional / contact@courrierregional.info



