A l’Assemblée nationale, le jeudi 30 octobre 2025, le président de la Commission des Affaires Étrangères, s’est opposé au projet de résolution du parti du Rassemblement National (RN) visant à dénoncer « unilatéralement les accords franco-algériens de 1968 ». Bruno Fuchs a expliqué la gravité d’une telle initiative pour l’économie française entre autres.
Lisez plutôt la réaction du député de la 6ème circonscription du Haut-Rhin !
« Ce matin, à l’Assemblée nationale, a été adoptée — par une voix d’écart — la résolution du Rassemblement national visant à dénoncer unilatéralement les accords franco-algériens de 1968. Oui, ces accords, vieux de plus d’un demi-siècle, doivent évoluer.
Mais une dénonciation brutale et unilatérale serait illégale et contraire aux intérêts de la France. En procédant ainsi, le RN joue cyniquement avec la relation franco-algérienne pour nourrir un agenda identitaire et populiste avec des conséquences immédiates et très graves pour la France.
D’abord, cela compromettrait tout espoir de libération de Boualem Sansal et Christophe Gleizes, les condamnant à de longues années dans les prisons algériennes. Je pense à eux, à leurs familles, à leurs proches.
Ensuite, nous perdrions tout contrôle sur les flux migratoires : plus aucune OQTF ne serait exécutée. C’est exactement l’inverse de ce que prétend vouloir le RN.
Sur le plan économique, les exportations françaises vers l’Algérie ont déjà chuté de 21 % depuis le début de 2025, soit plus de 250 millions d’euros perdus. Rompre unilatéralement les accords provoquerait de nouvelles pertes de marchés. Chaque jour, des milliers d’emplois français dépendent de notre présence en Algérie : de nos entreprises, de nos ingénieurs, de nos artisans. Couper ce lien, c’est affaiblir notre économie, nos PME et notre influence régionale.
Enfin, sur le plan sécuritaire, ce serait la fin de nos coopérations bilatérales dans la lutte contre le terrorisme, les trafics criminels et l’immigration illégale. Autrement dit, un affaiblissement direct de notre sécurité nationale.
Soyons clairs : cette résolution n’est pas un acte de courage, mais un acte d’irresponsabilité et d’affaiblissement de la France. Le Rassemblement National veut faire de la politique étrangère un instrument de tribune.
Nous devons au contraire retrouver le sens de la mesure, de la parole tenue et de l’action utile
.- Oui, ces accords doivent être revus, mais revus ensemble, dans le cadre du dialogue, de la clarté et de la réciprocité.
– Nous devons faire avancer la relation bilatérale, non l’empoisonner, car il en va de l’intérêt de nos deux peuples.
Nous partageons avec l’Algérie six millions de femmes et d’hommes biculturels, qui portent dans leur histoire, leurs familles et leur langue une part des deux rives.
Ils sont la preuve vivante que la France et l’Algérie ont plus à construire ensemble qu’à se reprocher.
C’est pourquoi je le dis avec gravité : revoir ces accords à deux, oui ; les briser dans le tumulte et la provocation, non.
Thierno Diawara pour Courrier Régional / thierno@courrierregional.info



