En meeting samedi, à Paris, le leader du parti de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée Cellou Dalein Diallo a vivement critiqué la gestion de plusieurs dossiers par le CNRD, en pointant particulièrement l’opacité qu’il juge persistante autour du projet minier de Simandou. L’ancien Premier ministre s’est exprimé devant ses militants et sympathisants sur ce qu’il considère comme une zone d’ombre majeure.
Il a estimé que les accords concernant le gisement de fer, l’un des plus riches au monde, n’ont toujours pas été rendus publics, une absence de transparence contraire selon lui au Code minier et aux engagements de la Guinée dans le cadre de l’ITIE. Il s’est également interrogé sur les 15 % d’actions gratuites annoncées, qu’il juge insuffisantes par rapport aux partenariats miniers antérieurs, et a affirmé qu’aucun port en eau profonde n’était prévu, le projet reposant sur l’utilisation de barges pour l’acheminement du minerai.
Abordant la gestion des entreprises publiques, Cellou Dalein a évoqué des arriérés importants, notamment envers les sociétés chargées de fournir l’électricité à EDG. Il a également cité la Redevance pétrolière et taxatoire (RPT), qui n’aurait pas versé les montants attendus pour l’exercice 2025. Il a rappelé les revenus importants issus des exportations de bauxite et d’or ces dernières années, estimant que ceux-ci ne se reflètent pas dans des projets de développement structurants visibles.
L’opposant a également mentionné le partenariat avec Baowu Steel, affirmant qu’un ticket d’entrée de 99 millions de dollars aurait été exigé en dehors du cadre légal. Il a indiqué que, selon les constats rapportés au CNT lors de la session budgétaire en cours, aucune trace de ce montant n’apparaîtrait dans les comptes publics.
Sur le volet politique, Cellou Dalein a dénoncé ce qu’il qualifie de dérive autoritaire, estimant que la Guinée traverse une période marquée par la restriction des libertés publiques. Il a appelé à une mobilisation citoyenne en faveur du respect de l’État de droit et a réaffirmé la position des Forces vives, qui refusent de participer au processus électoral tel qu’il est actuellement conduit.
Madiba Kaba pour Courrier Régional / contact@courrierregional.info



