Chères amies, chers amis,
Mourad Zeghidi, connu pour la profondeur, la sobriété et la mesure de ses analyses, a consacré sa carrière à informer. Formé au journalisme sportif, il s’est réinventé dans le journalisme politique après la révolution de 2011 en Tunisie. Il fait partie de cette génération qui croyait en une presse libre, indépendante et responsable dans un pays en pleine transition démocratique en 2014.
Quinze ans après la révolution de 2011, Mourad pourrait fêter en mai prochain ses 54 ans en prison, dans un pays où les espaces d’expression se ferment les uns après les autres.
Après y avoir passé huit mois pour désinformation alléguée sur la base du fameux décret 54 largement décrié comme liberticide et alors qu’il finissait de purger sa peine, de nouvelles charges rocambolesques de blanchiment d’argent l’ont maintenu en prison et motivé une peine supplémentaire de trois ans de prison complétée de six mois pour évasion fiscale. Pourtant, s’il est un mot qui caractérise son dossier, c’est celui de vacuité. Et de cruauté aussi sans doute, tant était grande l’attente de sa famille de le voir sortir à l’issue de sa première peine.
RAPPEL DES FAITS
Juillet 2024
Mourad Zeghidi est condamné à huit mois de prison pour “diffusion de fausses nouvelles”.
Décembre 2024
Alors qu’il s’apprêtait à recouvrer sa liberté, de nouveaux mandats ont été émis pour des accusations de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale.
22 janvier 2025
Il a été condamné à trois ans et demi de prison ferme supplémentaires.
14 avril 2026
La cour d’appel de Tunis a reporté, à la demande de la défense, l’audience de Mourad Zeghidi et de Borhen Bsaies et elle a refusé la demande de libération des journalistes jusqu’à leur prochaine audience fixée au 28 avril 2026.
Les investigations menées pendant plus d’un an auprès de la Banque centrale, d’Interpol et des autorités européennes n’ont établi aucun flux financier suspect, aucun actif caché, ni aucune transaction douteuse.
Sa sœur Meriem ainsi que ses filles Yesmine et Inès tiennent Mourad à bout de bras. Elles portent désormais sa cause publiquement. Elles dénoncent le fait que l’affaire de Mourad Zeghidi est “purement politique relevant directement d’une volonté de censure de la liberté de la presse et de la liberté d’expression”.




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