Dix-sept ans après les événements tragiques du 28 septembre 2009 au grand stade de Conakry, la question des droits humains reste au cœur des préoccupations en Guinée.
À l’occasion de cette commémoration, le président de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), Me Alexis Deswaef, a animé lundi une conférence de presse à Conakry, au cours de laquelle il a notamment évoqué la question des disparitions forcées.
Le président de la FIDH a dénoncé l’absence, selon lui, de réponse suffisante des autorités compétentes face à ces dossiers. Il a indiqué avoir soulevé la question auprès du Premier ministre et du procureur général près la Cour d’appel de Conakry. « Quelles mesures spécifiques les autorités guinéennes prennent pour protéger les droits humains plutôt que de les poursuivre ? », s’est interrogé Me Alexis Deswaef.
Il a ensuite insisté sur la responsabilité des autorités dans le traitement de ces dossiers. « On ne peut pas évoquer tout ça sans évoquer la question des disparitions forcées. J’ai posé la question au Premier ministre, j’ai posé la question au procureur général de la Cour d’appel de Conakry en disant : ces disparitions forcées, ça met une responsabilité sur les autorités guinéennes d’enquête indépendante et approfondie. On ne peut pas rester silencieux parce que le silence est intolérable face à des situations qui pèsent sur les défenseurs, mais aussi sur les membres de leur famille », a-t-il expliqué.
Des tests ADN réclamés après la découverte de fosses communes
Évoquant la découverte de fosses communes dans la préfecture de Forécariah, le responsable de la FIDH a appelé les autorités guinéennes à procéder à des prélèvements et à des tests ADN afin d’identifier les corps et de vérifier s’ils pourraient correspondre à certaines personnes portées disparues.
« Et quand on met ça en parallèle avec la découverte de fosses communes, il est difficile de ne pas faire le lien. Et donc des enquêtes indépendantes et impartiales, ça implique évidemment des mesures d’enquête dont les premières, c’est des prélèvements ADN pour pouvoir identifier les corps avant de les réenfouir. Il faut pouvoir identifier les corps et éventuellement faire le lien avec les disparitions forcées. C’est ça la responsabilité des autorités judiciaires et gouvernementales de la Guinée. Parce que le silence sur ce dossier des disparitions forcées et des fosses communes, il serait insupportable et injustifiable », a déclaré Me Alexis Deswaef.
Cette conférence de presse a été conjointement organisée par la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme (OGDH) et l’Association des victimes, parents et amis du 28 septembre (AVIPA).
Par Courrier Régional / courrierregional@gmail.com




Chez Courrier Régional, nous vivons et respirons l’actualité. Chaque jour, nous explorons les faits qui façonnent l’Afrique et le monde pour vous les raconter avec clarté et rigueur. Notre équipe de journalistes passionnés met toute son expérience au service d’une information fiable, vérifiée et accessible. Nous croyons en une presse qui informe avec transparence, pour que vous puissiez comprendre et vous sentir connecté au monde qui vous entoure.