Lors d’un entretien exclusif accordé à Africa Guinée, le Premier ministre Bah Oury a expliqué sa position actuelle concernant les candidatures à l’issue de la période de la transition en Guinée. Il a déclaré que le peuple décidera souverainement de l’homme ou de la femme capable de rassembler. Alors qu’en 2009, Bah Oury s’était opposé à la candidature des militaires.
« En 2009, la cristallisation autour d’un candidat militaire avait conduit à une tragédie dont la Guinée porte encore les cicatrices », a rappelé Bah Oury. Pour lui, les ambitions personnelles ne doivent jamais primer sur l’intérêt du pays : « Ceux qui remplissent les critères doivent pouvoir se porter candidats. Le peuple décidera souverainement de l’homme ou de la femme capable de rassembler. »
Concernant Doumbouya, le Premier ministre explique : « Entre le président et moi, il y a une osmose, une convergence de convictions profondes pour transformer ce pays et en faire une grande nation dans les années à venir. »
Bah Oury insiste sur le fait que son parcours politique n’a jamais été dicté par la recherche du pouvoir : « Je n’ai jamais dit qu’il fallait que ce soit moi le numéro un. J’ai créé un parti, j’ai mis en avant d’autres personnalités quand les circonstances l’exigeaient. »
Aujourd’hui, en tant que Premier ministre, sa priorité est de consolider le processus de transition et de travailler à l’intérêt supérieur de la Guinée : « Nous sommes là parce que l’histoire et les circonstances nous imposent de travailler ensemble. Ce qui compte, c’est que la Guinée change et avance. »
Cette prise de position marque un tournant clair dans la carrière politique de Bah Oury : de l’opposition à la candidature d’un militaire en 2009 à un soutien assumé à Doumbouya aujourd’hui, démontrant que l’intérêt national prime désormais sur les convictions d’hier.
Madiba Kaba pour Courrier Régional / courrierregional@gmail.com


