À l’occasion de la célébration du 65ᵉ anniversaire de la Côte d’Ivoire, Tidjane Thiam, président du principal parti d’opposition ivoirien, le PDCI-RDA, s’est adressé à ses compatriotes via ses canaux de communication. Dans un message percutant, il a lancé un ultimatum au chef de l’État sortant, Alassane Ouattara, qui s’apprête à briguer un quatrième mandat controversé.
À deux mois d’un scrutin présidentiel déjà placé sous haute tension, Thiam dénonce avec fermeté le passage en force du président sortant :
« Si Ouattara veut être candidat pour un quatrième mandat, qu’il joue selon les règles, qu’il ouvre les portes à tous les candidats. La Côte d’Ivoire ne peut plus accepter d’élections verrouillées, ni d’exclusions politiciennes qui divisent et fragilisent la nation. »
Absent des listes électorales, Tidjane Thiam, polytechnicien et ancien PDG de grandes institutions financières internationales, incarne aujourd’hui le défi démocratique le plus sérieux à la mainmise du régime actuel. Il refuse la « parole donnée » brandie par Ouattara pour justifier un dépassement constitutionnel et appelle à une élection transparente, crédible et apaisée.
Le bilan des élections ivoiriennes depuis 1995 est lourd : exclusions, violences, contestations et crises institutionnelles. Thiam tire la sonnette d’alarme : « Nous avons assisté à trop d’échecs électoraux qui ont brisé la cohésion nationale. Il est urgent d’en finir avec cette spirale de conflits et d’offrir à la jeunesse ivoirienne une vraie alternative. »
À seulement quelques semaines du scrutin, l’opposant semble appeler à une mobilisation citoyenne et internationale pour garantir un scrutin équitable, condition sine qua non pour éviter un nouvel embrasement politique. « Nous ne pouvons pas laisser le pays sombrer dans l’arbitraire. La démocratie ne se négocie pas, elle s’impose. »
Le message de Tidjane Thiam est clair, ferme et dérangeant : la Côte d’Ivoire a besoin d’une véritable compétition démocratique, pas d’un quatrième mandat imposé par la force.
La balle est désormais dans le camp d’Alassane Ouattara. Sa réponse déterminera si le pays avance vers la paix civile ou vers une crise majeure.
Madiba Kaba pour Courrier Régional / courrierregional@gmail.com



