À l’approche du référendum Constitutionnel guinéen prévu le 21 septembre prochain, l’opposition politique reste mobilisée face à ce qu’elle qualifie d’« imposition » d’un texte favorable au maintien au pouvoir du Général Mamadi Doumbouya, président de la transition.
Intervenant sur les ondes de RFI, ce lundi 11 août, dans « Grand invité Afrique », Cellou Dalein Diallo, président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), principal parti d’opposition, a réaffirmé son opposition farouche à ce processus qu’il considère comme une « mascarade » destinée à légitimer un régime issu d’un coup d’État.
Depuis Abidjan, où il vit en exil politique, l’opposant Guinéen a dénoncé l’absence de dialogue préalable et la violation des engagements pris par le chef de la junte. « Cette constitution imposée ne respecte ni les engagements ni le serment que le général Doumbouya avait prêté », a-t-il martelé. Selon lui, ni le président, ni les membres du Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) ne devraient être candidats à la prochaine présidentielle.
Cellou Dalein Diallo a également pointé du doigt le climat de terreur et d’intimidation qui règne autour du référendum. Il a dénoncé la mainmise des militaires sur le processus électoral, rappelant que la majorité des sous-préfets et responsables administratifs chargés de l’organisation du scrutin sont issus des forces de défense et de sécurité. Cette militarisation, selon lui, compromet sérieusement la transparence et la liberté d’expression du peuple Guinéen.
L’opposant a évoqué la situation préoccupante des droits humains en Guinée, citant plusieurs cas emblématiques de disparitions forcées de membres de la société civile et de journalistes, ainsi que les nombreuses affaires de corruption et de détournement des ressources, notamment dans le secteur minier.
Concernant son propre retour en Guinée, il a expliqué que les conditions ne sont pas encore réunies en raison d’un climat de haine et de harcèlement. « On fait tout pour empêcher la tenue du congrès, pour refuser que je sois inscrit dans le fichier électoral, et pour déclencher des poursuites fantaisistes contre moi », a-t-il dénoncé.
Par ailleurs, il a répondu aux propos récents du Premier ministre Bah Oury, qui affirmait sur RFI que l’exclusion de Cellou Dalein Diallo du fichier électoral était due à un défaut de justificatif de résidence. « Ce que le Premier ministre dit, c’est de la contre-vérité », a répliqué l’opposant, soulignant que le rôle du Premier ministre est simplement de justifier des décisions prises par des agents administratifs, et qu’il conteste fermement cette accusation.
Malgré ces obstacles, il a assuré son engagement ferme à défendre les droits des Guinéens et à lutter contre ce qu’il considère comme une dérive autoritaire. « Nous sommes en train de voir comment nous organiser pour s’opposer à ce coup d’État contre le peuple », a-t-il conclu.
Alors que la date du référendum approche, l’opposition guinéenne, sous la conduite de figures comme Cellou Dalein Diallo, appelle à une vigilance accrue et à une mobilisation renforcée face à un scrutin qu’elle estime biaisé et illégitime.
Décryptage – Madiba Kaba pour Courrier Régional / courrierregional@gmail.com



