À quelques jours du référendum Constitutionnel prévu le 21 septembre en Guinée, la société civile monte au créneau. Ibrahima Diallo, responsable des opérations du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), a vivement critiqué le processus en cours dans un entretien accordé à France 24 ce jeudi 4 septembre 2025. Selon lui, ce scrutin n’est pas un exercice démocratique, mais un « processus à sens unique » destiné à légitimer la junte au pouvoir.
Le FNDC dénonce la suspension des principaux partis politiques, la dissolution d’organisations de la société civile et la fermeture des médias indépendants. « On ne peut pas participer à un processus avec une arme pointée sur la tête », a insisté Ibrahima Diallo, estimant que le référendum constitue « le blanchiment d’un coup d’État militaire par un coup d’État Constitutionnel ».
Le responsable rappelle également que le général Mamadi Doumbouya avait publiquement juré, au début de la transition, de ne pas se présenter à l’élection présidentielle. « Aujourd’hui, on veut faire croire aux Guinéens que ce serment n’a aucune valeur, alors qu’il est inscrit dans la charte de la transition », a-t-il souligné.
De son côté, le gouvernement assure que le référendum est une étape nécessaire pour sortir de la transition et stabiliser le pays. Le porte-parole Ousmane Gaoual a mis en avant « la stabilité et la cohésion ramenées par le général Doumbouya », ainsi que « les chantiers de développement et la lutte contre la corruption » engagés depuis trois ans.
Le 21 septembre, les Guinéens seront appelés à se prononcer sur ce projet de Constitution, au cœur d’un débat qui oppose farouchement la junte au pouvoir et la société civile mobilisée contre ce qu’elle considère comme une manœuvre pour prolonger le contrôle militaire sur le pays.
Madiba Kaba pour Courrier Régional / courrierregional@gmail.com



